Mattéo bibliographie
Et ces fleurs qui attendent est un hymne à l’espoir que nous mettons en ce quotidien. Dix-huit nouvelles qui s’immiscent dans le cœur et dans la tête de protagonistes pris dans la vase d’une réalité lancinante. Des arrêts sur images sur des personnes de l’ombre. Des personnes imbibées d’une certaine sensibilité, voire poésie, desquelles jaillit ce fluide tourmenté de la vie. Et ces fleurs qui attendent ou le témoin immobile des expériences que nous vivons patiemment, ardemment, coûte que coûte. De la première à la dernière, de la plus anodine à la plus sismique.
Il est novembre est un recueil poétique qui se déploie comme un parapluie à mesure que nos petites histoires s’abattent en rafales sur ce grand échiquier qu’est la vie. Bien que poésie des entrailles, l’œuvre est une circonvolution autour d’un axe à la fois universel et intime. Émanation venue des profondeurs.
Troisième et avant-dernier volet du cycle poétique explorant tous ces territoires que, par la force des choses, l’humain se doit d’arpenter avec plus ou moins de sens. Après Fermer les rideaux paru en octobre 2023, Il est novembre paru en octobre 2024, Régolithe creuse encore davantage ce sillon si volatil de l’être.
Petite convergence est un recueil de nouvelles hantées par des personnages en quête de sens. C’est une fresque automnale qui se décline en vingt-six tableaux singuliers, à l’épilogue jamais banal. On y plonge comme dans une atmosphère venteuse et dépouillée ; chaque histoire est un fragment de vie de laquelle les protagonistes convergent en une cible inéluctable : Sveta, une mannequin désenchantée qui vise la Lune depuis toute petite ; un futur père pris de panique en proie à des hallucinations ; Leila, une femme de chambre désabusée dans un hôtel de luxe ; un homme asséché qui plaque son job pour féconder sa plume ; les états d’âme d’un manuscrit doué de qualités humaines...
Damien et Diego nichent en banlieue bruxelloise. Ils sont comme frères et passent leur temps libre ensemble, dans la fournaise de leur quartier, ou sur le toit d’un immeuble HLM à contempler la nuit. L’un est autodidacte, véritable magicien des technologies, et l’autre, Diego, ronge son frein dans une usine, en attendant de quitter le bitume pour un ailleurs, sorte de Graal. Parallèlement, à quelques encablures du duo, Marta mène sa barque, vacillant entre une vie professionnelle sans envergure, et une histoire intime qui prend l’eau. Le tout à l’ombre d’une famille scindée dont la mère, psychologue dépressive, s’avère être un poids supplémentaire. Des destins au cœur d'un drame social..
En de courtes vignettes, Miceli Mattéo capture des instantanés de sa vie, assombrie par de tristes déconvenues. Il maîtrise l'art de la formule dans une prose poétique qui foisonne de métaphores et d'images évocatrices telles que « les oiseaux ont volé en éclats » ou « l’espoir est une étincelle, l’attente un incendie ». Son lyrisme empreint de désespoir reflète sa vision pessimiste du monde et son incapacité au bonheur. Replié dans sa solitude, cet hypersensible rumine avec lucidité le constat de la relation amoureuse et les incohérences de son destin. Ce « témoignage d'une puissante impuissance » se raccroche à l'écriture comme à sa seule planche de salut et ne peut qu'émouvoir par sa sincérité.
Mattéo Miceli signe un texte inclassable, entre introspection et méditation existentielle. Abordant de front la douloureuse question de la solitude, il interroge le sens de son existence et en révèle la précarité. Son approche du monde est hantée par la fragilité des êtres. Il a une conscience aiguë du caractère tragique de son existence et ressent cruellement son impuissance face au temps qui passe. Il refuse de se plier aux injonctions de la « loi de la jungle industrielle » qu'il exècre, et évoque de façon très critique la dématérialisation des relations sociales et l'asservissement au travail. La partie la plus lumineuse du texte rassemble les portraits d'êtres singuliers, qui le rattachent à la vie.
Il n'y a pas de plus sanglante défaite que de décrocher une victoire en occultant toutes ces petites choses précieuses qui constituent notre singularité. Dans un monde voué au changement perpétuel, diabolisant la découverte de soi afin de mieux nous glisser dans la fente d'un format standard, aujourd'hui et, sûrement demain, le défi sera d'écouter, de préserver davantage sa petite voix et d'exister pour ce que nous sommes.
Alternant à la perfection les émotions, Mattéo Miceli renouvelle le genre poétique à travers ce recueil. Il nous livre des textes novateurs, empreints de lyrisme et d'allégories, qui posent un regard double sur la vie, oscillant de la nostalgie à l'acidité, de l'amour au cynisme. Esquisses de scènes de la vie quotidienne, pensées sur le monde, l'humanité ou l'existence, rien ne résiste à son regard juste et à sa plume mordante qui lui permettent de recréer son univers, de dire ses souffrances et ses joies, de montrer la véritable nature des hommes. Une invitation à la vérité et à la poésie dans laquelle on plonge avec délice.